Éloge du regard

oeilDepuis la pulsation de la ville tachycardiaque
au jet d’encre sur la page
les images voyagent
des lieux jusqu’aux personnes

Il faut pour l’apercevoir
l’escale du poème, la
photographie ou la pensée dilettante
et la question où s’imprime
l’image que je vois
et la question :
Où s’imprime l’image que je vois ?

les vitrines les passants
les plans muraux des stations d’autobus
nous renvoient notre écho :
moi, ma ville ou plutôt
la ville, son visiteur, homme toujours de passage

la ville est un miroir déformant pour moi-même ou plutôt
la ville est un étang où se mire la ville
espace parmi le fouillis urbain aux frontières invisibles
espace invisible structure virtuelle
vivante mégalopole

à travers l’objectif
d’un numérique ou d’un argentique
je suis la ville et la ville me suit
l’image se tisse comme un texte
et sa langue multiple depuis l’enfance lue
celle de la ville
depuis l’enfance entendue
des kiosques aux radios
de la rumeur aux écrans
s’écrivent en roue libre

dans les vitrines
dans le bus
sur les trottoirs
sur les quais
aux terrasses des bistrots
dans les boutiques du centre
à la fenêtre
devant l’écran
dedans l’espace
et hors du temps
j’ai le regard
cosmopolite

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